28 mars 2003 :
Ce soir-là j’assistais pour la première fois à un
concert de Shakira. Je venais d’acheter Laundry
Service que j’écoutais en boucle et j’avais eu envie
d’aller la voir. J’en étais ressortie bluffée.
J’avais 16 ans à l’époque et je n’avais jamais
assisté à un tel spectacle avec une super ambiance,
une artiste qui a la pêche, qui se donne à 300% et
qui crée un vrai lien avec son public… Et c’est à
cette date que je suis devenue vraiment fan !
30 mars 2007 :
4 ans plus tard, pratiquement jour pour jour (comme
quoi il y a des coïncidences qui ne trompent pas),
me voilà à 6h du matin à l’aéroport d’Orly direction
Grenade. J’attends ce moment avec impatience depuis
que j’ai reçu ma place il y a 3 semaines et je crois
que tous les gens que j’ai vus ces derniers jours
savent ce que je fais ce week-end. Je dis souvent
que j’ai appris l’espagnol en écoutant les CDs de
Shakira et même si ça en fait sourire certains c’est
la vérité. C’est en écoutant ses chansons que j’ai
compris combien cette langue est belle et que je me
suis intéressée à la culture hispanique, et plus
particulièrement colombienne, au point d’avoir
choisi de suivre des études d’espagnol et de m’être
rendue en Colombie à plusieurs reprises. Aller à un
concert de Shakira en Espagne est quelque chose que
je veux faire depuis longtemps alors quand j’ai vu
qu’elle rajoutait des dates là-bas je n’ai pas
hésité.
6 heures plus tard me voici donc à Grenade. Le bus
qui m’y amène depuis l’aéroport passe devant les
arènes où le concert a lieu dans quelques heures. Il
y a des camions partout et en passant devant
l’entrée j’aperçois la scène. Je suis super excitée
!!! J’ai envie d’arrêter le bus et de passer ma
journée là, à attendre les répétitions. Mais Grenade
est une ville superbe et je profite de la journée
pour me balader et visiter un peu, le tout sous un
beau soleil.
Le soir venu, retour aux arènes. J’avais réservé sur
Internet une place dans les gradins et je me
retrouve à gauche de la scène, au sixième rang.
Comme le site est plus petit qu’une salle comme
Bercy je suis en fait tout près de la scène… C’est
génial ! Les arènes se remplissent à vue d’œil, la
nuit est tombée amenant avec elle un beau clair de
lune… et un froid glacial, franchement je ne pensais
pas qu’il pouvait faire si froid en Andalousie à la
fin mars.
Contrairement à Bercy, on échappe à la première
partie et à 22h10 précises les lumières s’éteignent.
C’est parti pour presque 2 heures d’un spectacle
inoubliable.
Les premières notes de musique… La silhouette qui se
dessine sur la toile… Et ça y est Shakira est là
comme elle nous le confirme en attaquant le show par
« Estoy aqui ». Elle est super belle, a l’air en
pleine forme et (détail qui montre qu’il fait
vraiment froid) elle ne chante pas pieds nus mais
chaussée d’une paire de bottines noires. Tout le
monde est debout et chante avec elle, l’ambiance est
super ! Lorsqu’elle vient saluer les gradins j’ai
l’impression que c’est moi qu’elle regarde c’est
assez troublant… Je lui fais signe de la main et je
chante encore plus fort.
Shaki enchaîne sur « Te dejo Madrid ». Puis elle
salue le public, remercie la ville de Grenade de lui
avoir permis de revenir en Espagne « lo que es un
placer » (ce qui est un plaisir) et annonce qu’elle
a voté pour que l’Alhambra soit élue 9e merveille du
monde ce qui suscite une nouvelle ovation. Elle
termine ce petit discours en lançant « Granada, esta
noche soy toda tuya » (Grenade cette nuit je suis
toute à toi). Elle a vraiment l’air heureuse d’être
là et sa joie est communicative.
Suivent ensuite « Don’t
Bother » et « Antologia ». Shaki est très émue
pendant cette chanson. Au bord des larmes elle tend
son micro au public, ferme les yeux et pendant
quelques secondes elle est ailleurs… Puis elle nous
fait un grand sourire, se met à rire et reprend sous
les cris de la foule. C’est vraiment touchant. Je
crois qu’on se sent tous très proches d’elle, qui
n’hésite pas à nous montrer sa sensibilité. A la fin
de la chanson un fan jette sur la scène un T shirt
qu’il a fait pour elle. Shakira le ramasse, le
montre à la caméra et dit qu’elle le mettra la
prochaine fois qu’elle ira à la plage ! Tout le
monde rigole. On lui envoie aussi un drapeau
colombien énorme dans lequel elle s’enveloppe en
criant « Qué viva Colombia ! ». Puis elle donne ses
cadeaux à un technicien en lui demandant de les
mettre avec ses affaires personnelles.
Le concert reprend avec « Inevitable » (« Hey You »
a définitivement disparu, c’est dommage), « Si te
vas » et « Obtener un Si ». Puis, Shaki nous demande
si l’on est prêts à « mover el esqueleto » et entame
« La Tortura ». Les arènes se transforment en
discothèque géante, on n’entend presque plus Shakira
tellement le public chante fort ! Et ça a l’air de
l’amuser beaucoup. Il y a une vraie communion entre
elle et nous c’est génial !!
A la fin de la chanson, elle disparaît et on nous
projette une vidéo de danse moderne. Je la trouve
très poétique et elle introduit bien l’atmosphère si
particulière de « No ». Cette chanson est vraiment
un moment à part dans le spectacle. C’est l’une de
mes préférées et elle me touche tout spécialement.
Dans sa robe rouge, Shaki me fait penser à un oiseau
qui va s’envoler… Comme dans un rêve. Et ce coup-ci
c’est moi qui ai la larme à l’œil.
Quelques minutes plus tard, Shakira est de retour et
entame « Suerte ». C’est du délire tout le monde
chante et danse avec elle. C’est la première fois
que je la vois d’aussi près et ses mouvements
paraissent vraiment irréels. Ca a l’air tellement
facile quand on la voit faire. Au milieu de la
chanson elle disparaît dans la fosse, fait chanter
le public et salue la foule avec des « Gracias
Granada ».
Elle s’éclipse et revient quelques instants plus
tard nous présenter ses musiciens. C’est l’occasion
de constater sa gentillesse et son naturel. Elle a
un petit mot pour chacun et on sent qu’elle
entretient une vraie complicité avec son groupe.
Shakira entame ensuite « La Pared », en toute
simplicité accompagnée seulement du piano… et de ce
sourire qui ne l’a pas quittée depuis le début de la
soirée. Et cela suffit pour que la magie opère,
encore un peu plus.
Elle enchaîne avec « Underneath Your Clothes » (Ca
c’est une surprise, je m’attendais plutôt à « Dia de
Enero »), suivi de « Pies Descalzos ». Puis c’est «
Ciega, Sordomuda » reprise en chœur par tout le
public. Shakira s’en amuse et tend son micro à
l’assistance tandis qu’elle s’assoit sur le rebord
de la scène et joue avec la caméra. Après un dernier
« Gracias Granada » elle disparaît et les olas se
succèdent ponctuées par des « Otra, otra, Shakira,
otra ».
Shaki revient et nous présente un magnifique numéro de danse orientale qui introduit « Ojos Asi ». Puis c’est « Hips don’t lie », les six danseuses indiennes la rejoignent. Déjà la dernière chanson il faut en profiter à fond… Après quelques pas de cumbia les confettis multicolores se mettent à voler. Le vent me les ramène alors j’en profite et j’en mets plein mes poches. Pendant ce temps Shaki nous dit au revoir et s’en va… On continue à crier « Otra, otra » mais les techniciens commencent déjà à démonter la scène. Elle ne reviendra pas. Il est minuit et le charme est rompu.
Je suis de retour dans
ma chambre d’hôtel et cela va faire 2 heures que
j’écris. Quelle soirée… La prestation de Shaki était
impeccable, comme toujours, mais ce qui m’a marquée
c’est l’ambiance. Peut être que c’est parce qu’il
n’y avait « que » 10 000 personnes mais je me suis
sentie très proche de Shakira ce soir… J’en ai
vraiment profité à fond et même si c’était un peu
une folie de faire ce voyage je n’ai aucun regret.
C’était vraiment un moment magique.
31 mars 2007 :
Je comptais en rester là mais j’ai une petite
anecdote à ajouter.
Je suis toujours à Grenade où je joue les touristes.
Hier j’avais repéré une petite rue avec plein de
boutiques et je voulais y retourner aujourd’hui. De
mon hôtel, je rejoins la rue principale de Grenade
et là je me trompe, je la prends dans le mauvais
sens. Sans m’en rendre compte je continue mon chemin
et j’arrive devant un hôtel. Une dizaine de
personnes est attroupée là avec des posters et des
CDs. Je comprends tout de suite qui ils attendent et
je me joins au groupe. Au bout de quelques minutes,
les employés de l’hôtel s’affairent autour d’une
voiture vide garée juste devant l’entrée… Et on voit
arriver les parents de Shakira avec deux filles qui
s’engouffrent dans la voiture. Ils s’en vont, le
tout a duré moins d’une minute. Un employé nous dit
alors qu’on perd notre temps et que Shakira est déjà
partie à l’aéroport. A nos questions « A quelle
heure ? » Par quelle porte ? » il reste de marbre.
C’est marrant j’ai été traîner quelques fois près de
son hôtel (enfin de ce que je crois être son hôtel)
quand elle est à Paris et je n’ai jamais vu
personne. Et alors que je n’aurai jamais dû me
trouver là à ce moment précis je tombe sur ses
parents… Pendant 10 minutes j’ai vraiment cru que
j’allais la voir et je me demandais ce que j’allais
lui dire en quelques secondes… J’espère que ce
n’était qu’un avant goût et que j’aurai plus de
chance la prochaine fois !
Shaki, je te remercie pour ce concert, c’était
vraiment grandiose. Et le mieux c’est qu’on avait
l’impression que tu t’amusais autant que nous. Je
sais que je me répète mais j’ai senti un lien très
fort avec toi hier soir.
Merci d’être comme tu es : une artiste sincère,
naturelle et généreuse.
Merci de m’avoir fait découvrir ta culture et ton
pays qui comptent tant pour moi aujourd’hui.
Je te souhaite de bonnes vacances, tu sais qu’on
t’attendra alors reviens-nous avec plein de
nouvelles chansons et une nouvelle tournée. En tout
cas c’est sûr je reviendrai te voir en Espagne ! Et
qui sait peut être que je pourrai un jour te dire
tout ça de vive voix.
Un grand merci à tous ceux qui liront mon récit !