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Jean-François : Oral Fixation Tour, Paris - 16 février 2007

Ce vendredi 16 février… Je l’attendais depuis le 28 mars 2003 ce jour-là. Enfin un deuxième concert à Paris. La veille, Jérôme, Coralie et moi, on s’est retrouvés à la Tour Eiffel, vers 19H, pour voir scintiller pendant quelques secondes le plus grand symbole de Paris, histoire de rêver un peu… un peu plus .Jérôme et Coralie viennent du sud-ouest, et ne connaissant pas Paris, ils apprécient ce moment avec encore plus d’intensité. Je retourne chez moi assez tôt, et eux font route vers leur hôtel, non loin de Bercy. Ils se postent devant Bercy le lendemain matin à 5H30 environ, et moi, pas aussi téméraire, je les rejoins vers 10H devant la porte 27 pour la queue. Il y a déjà environ 30 personnes.

Soudain, deux ou trois fans sortent un grand drap où ils écrivent tour à tour à un mot gentil pour la déesse de notre soirée parisienne. Je suis timide et n’ose pas leur demander si je pourrais moi aussi écrire à ma dulcinée. Cependant moi aussi, j’ai apporté un cadeau que je compte lui remettre pendant le concert : un portrait réalisé et dédicacé de ma main pour souhaiter un joyeux anniversaire en retard à notre native du 2 février 1977. Je l’ai emballé dans du papier cadeau avec un soin tout particulier et j’en suis assez fier.

Pendant l’attente, je lis, regarde autour de moi, pour bien m’imprégner de cette journée mémorable, la cinquième dans ma vie de fan de Shakira après 2003, la fête de la musique, le Live 8 et Pamplona le 25 juin dernier. Et puis, m’arrachant un peu à mon état de sommeil-éveillé, une jeune fille, Carole, me demande où elle peut cacher son appareil photo. Elle est accompagnée de Maud et toutes deux viennent de Bordeaux. Et là on commence à discuter, de tout, de rien. On fait même des mots croisés, très pratique pour passer le temps. Elles sont sympa, je leur raconte un peu ma vie, comment je suis devenu fan…

Vers 17H, je pense à la conférence de presse qu’elle doit donner au Hard Rock Café et à laquelle j’ai renoncé à me rendre voulant à tout prix avoir les meilleures places et je sens l’excitation monter en moi. Je commence à avoir l’habitude de ces rendez-vous avec le bonheur et pourtant, chaque fois que l’heure approche, je ne me contrôle plus. Je m’imagine en transe au bord de la scène, lui tendant mon présent et elle, en remerciement, me faisant monter sur scène pour chanter « estoy aqui » avec elle. Une douce chimère, c’est tellement agréable!


Les ballons prévus pour la surprise à Shaki ont été distribués mais un groupe de péruviens ne semble pas avoir compris le principe. Carole me signifie aimablement qu’en tant qu’étudiant en 2ème année de Licence d’espagnol, je suis tout indiqué pour leur expliquer la situation. Après quelques hésitations dues à ma timidité maladive, je me lance et avec une des filles nous échangeons quelques mots. Je lui annonce que je suis français et elle se dit étonnée pensant que j’étais espagnol ! Et moi de me dire que c’est vraiment une belle journée malgré la grisaille …

18H30 : les portes s’ouvrent après et là tout le monde est déchaîné. Je passe au contrôle et un des vigiles me déchire mon emballage cadeau. Je suis tiraillé entre l’idée de courir et dire deux mots au responsable. J’avance malgré ma fureur. Ça y’est, je suis devant la scène, au quatrième rang, au centre. Plus que 2H avant la 1ère partie. J’attends patiemment, les jambes un peu lourdes, et enfin arrive les DJ’s .


La 1ère partie ? je n’aime pas trop, à part la fin où ils filment quelques personnes et remixent le tout. Mais bon, dans l’ensemble, tout ce qui me marque c’est le volume sonore, que je pense inadapté à mes oreilles rendues fragiles il y a quelques années(2004) lors de la fête de la musique. A l’entracte, je décide donc, bien malgré moi, de me reculer un peu de la scène, suscitant diverses réactions intriguées de la part des gens à côté de moi.

21H30 : C’est parti !!! Comme à Pamplona, Shakira entame le concert par « Estoy Aqui » sous un tonnerre d’applaudissements et le son du santour de Ben Pillar résonne dans Bercy, rappelant l’influence orientale de la tournée. Shakira arrive sur scène en fredonnant quelques mots en arabe, et apparait derrière un voile de lumière. Elle est belle comme Shiva et parait prête à nous faire atteindre le nirvana. « Estoy aqui, queriéndote, ahogándome… » C’est comme si elle était en train de me dire ces mots-là à moi personnellement. Je ne monterai as sur scène ce soir comme je l’ai tant rêvé, mais mon bonheur est déjà intense. J’entre en communion avec elle, et cela me suffit.

C’est au tour de « Don’t bother » d’enflammer Bercy. Un moment de sensualité énorme. Son costume brillant, sa guitare incrustée de cristaux Swarovski, lui donnent des allures de superstar du rock. Au tour d’un premier moment clef de la chanson d’arriver : le fameux solo à la guitare : rien à dire, ou plutôt si, « mágico ».

Et pour rester dans l’ambiance rock, elle enchaîne avec « Te Dejo Madrid ». La salle bouge bien , les projecteurs de fond de scène se mettent en marche, et je continue à chanter à tue-tête. « Ay te dejo Madriiiiiiiiiiiiiiiiiiid… »

Quelques secondes plus tard, après une performance incroyable, elle s’arrête un peu pour parler à son public français. Elle parle de son 1er amour. Elle avait quatre ans et lui cinq. Immensément touchant. Je laisse tomber une toute petite larme, je ne sais plus très bien où j’en suis et j’entends « Illegal ». Je l’attendais tellement celle-là, moi également fan de Santana. Les premières notes de guitare à peine me parviennent à l’oreille que je revois dans ma tête le clip avec le boxeur et ma colombienne préférée habillée façon années 50. Tim joue bien. J’apprécie malgré mon exigence en la matière.

S’en suivent « Hey you », « Inevitable », « Si te vas ». J’ai déjà du mal à chanter, donc je m’arrête un peu pour économiser ma voix, mais je continue à sauter comme un fou au point que certaines personnes moins grandes que moi me demandent de calmer mes ardeurs afin de profiter du spectacle elles-aussi.

Changement de costume : prêt pour La Tortura ? Sans aucun doute ! Albert Menendez enflamme Bercy et las caderas se mueven ! Je commence un peu à suer mais ce n’est grave, No arrive et je peux donc me reposer au son de cette ballade sentimentale. Le costume avec les voiles et la traîne rouges m’envoûte. Tout comme la chorégraphie.

Ensuite vient Whenever, Wherever. Va-t-elle nous refaire la même surprise qu’en 2003 ? Va-t-elle nous l’interpréter en espagnol et en anglais ? Cette fois-ci non… mais ça ne change rien, elle fait toujours autant bouger…

Mais voici un des autres moments que j’attendais : la Pared en acoustique. J’ai encore chacune des notes de piano dans ma tête, et je me souviens encore de tous les changements de tempo, d’octave et surtout de la tonalité exacte du vibrato de Shakira. C’était puissant, impressionnant, et sensible.

On est déjà vers la fin du concert, et pourtant j’ai l’impression que nous n’en sommes qu’au début. Underneath your clothes passe, le public fait des vagues avec les bras, et ensuite on enchaîne avec Pies Descalzos. Je n’ai jamais vu un artiste autant se démener sur scène que sur cette chanson. Il faut que le rythme est intense. Je me demande comment je n’ai pas été essoufflé après une telle débauche d’énergie.

Des trompettes se font entendre, c’est au tour de Ciega Sordomuda. En 2003, c’est la partie du concert que j’avais préférée. Là j’ai encore bien apprécié la communion avec la salle. On aurait dit qu’une seule voix était réunie dans 17000 personnes, comme dans une grande chorale. Emouvant, époustouflant, je dois dire.

Cependant, on connaît Shakira : elle a gardé le meilleur pour la fin : Ojos Asi et Hips don’t lie. Un final en forme d’apothéose. Elle se fait un peu désirer entre les deux chansons mais c’est pour faire monter l’adrénaline. Telle un ange qui déploie ses ailes avant de s’envoler, elle fait des mouvements avec ses bras sur Ojos Asi. Après Hips don’t lie, en guise d’adieu, elle nous lance un « au revoir Paris » et une pluie de confettis s’abat sur la foule en délire. C’est fini, oui, mais certainement pas dans nos têtes.



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