Article traduit par Isa du forum Shakirawhenever.com
Alors qu’elle assure qu’elle n’a fait que « peu de choses » pour aider les enfants dans son pays et autour du monde, l’auteur interprète colombienne (notre humanitaire de l’année) s’engage à continuer sa lutte.
Quand Shakira Isabel Mebarak Ripoll était encore une petite fille, une crise familiale a changé sa vie et a donné un sens à son existence. Ses parents, William Mebarak Chadid et Nidia Ripoll Torrado, propriétaires de bijouteries dans sa Barranquilla natale, perdirent tout et firent faillite. « Nous avions une existence facile et d’un moment à l’autre la vie nous a montré un autre visage », se souvient la chanteuse, qui a évoqué peu de fois en public cette étape difficile de sa vie. Son père envoya la petite fille (qui avait environ 7 ans) et sa maman chez des amis à Los Angeles pendant qu’il vendait tout : les commerces, les deux voitures, les meubles de la maison, la télévision en couleurs et même le lit de la chanteuse, qui à son retour à la maison dut dormir sur un matelas. Pour lui montrer qu’il y avait malgré tout des enfants dans de pires conditions qu’elle, ses parents l’emmenèrent à un parc de la ville où des enfants orphelins et désemparés respiraient de la colle pour oublier leur faim et leur misère. « Je crois qu’à ce moment là, j’ai vu les choses avec une autre perspective », se souvient une Shakira pensive, qui a aujourd’hui 31 ans. « A partir de ce moment avoir du succès est devenu une véritable obsession pour pouvoir réhabiliter ma famille et lui faire retrouver sa situation économique. Mais j’ai eu aussi pour obsession de faire un jour quelque chose pour ces enfants, qui ont profondément marqué mon esprit enfantin ».
Quand, à l’âge de 18 ans, Shakira commença à goûter au succès et à la célébrité, son obsession porta ses fruits, non seulement pour sa famille, mais aussi pour des milliers d’enfants colombiens qu’elle commença à aider à travers sa fondation à but non lucratif qui porte le nom de son premier grand album, Pies Descalzos. « Les enfants que j’avais vus suçant de la gomme dans le parc étaient pieds nus. Et c’est à ce moment que mon action a débuté », raconte Shakira dont le travail pour les enfants depuis cette époque et spécialement en 2008 lui a permis de devenir la première humanitaire de l’année de People en Español. « Le plus important n’est pas combien nous sortons de notre poche. Le plus important est comment nous le faisons. Souvent il y a des gens qui aident plus un enfant avec un mot ou un geste d’amour que d’autres qui donnent de l’argent avec indifférence ».
Shakira ne donne pas seulement sa parole mais aussi son argent. Et pas avec
indifférence. La chanteuse a destiné l’argent qu’elle a gagné lors de
présentations spéciales au cours des années pour sa fondation Pies Descalzos
(plus de 4 millions des 11 millions de dollars récoltés depuis 2003). Depuis
2006, Shakira est aussi à la tête de la fondation América Latina en Accion
Solidaria (connue simplement en tant qu’ALAS) qu’elle a co créée en 2006 avec
les chanteurs espagnols Alejandro Sanz et Miguel Bosé, et avec le soutien de
collègues, intellectuels et entrepreneurs.
Pies Descalzos construit entre autres des écoles en Colombie pour instruire des
milliers d’enfants de communautés déplacées et vulnérables. La fondation rompt
ainsi le cercle vicieux du manque d’éducation et de la pauvreté. Une troisième
école construite intégralement par elle (qui accueillera près de 2 000 enfants)
sera inaugurée en février à Barranquilla.
En 2009, ALAS espère mobiliser les dirigeants latino américains pour qu’ils améliorent l’éducation, la santé et la nutrition de millions d’enfants entre 0 et 6 ans dans leurs pays. « Cela a été très émouvant de voir comment grandissait un rêve jusqu’à devenir réalité », a confié Sanz à People en Español avant que ce thème soit évoqué lors du 18ème sommet Ibéro américain des chefs d’Etat et de Gouvernement. « ALAS sera une partie de la solution ». Et il a ajouté au sujet de sa chère amie, avec qui il a partagé la scène pendant l’un des concerts contre la pauvreté infantile organisé par ALAS en Argentine et au Mexique en mai dernier : « C’est une femme engagée et très responsable, une femme sensible que les problèmes des autres font souffrir ».
Shakira « donne de son temps, de son argent et de son esprit » à cette cause, assure Maria Emma Mejia, la présidente exécutive de Pies Descalzos au sujet de la chanteuse, qui est aussi Ambassadrice de Bonne Volonté auprès de l’UNICEF. « Elle m’envoie 2 e mails par jour. Elle prête attention aux détails, demande que les uniformes des enfants reflètent l’esprit de l’école et considére que les professeurs doivent être au premier plan, dit Mejia. « C’est une femme qui dit : « Je suis sur cette terre pour faire autre chose que chanter, pour avoir d’autres responsabilités qui prennent de plus en plus d’importance » ».
Mais ceci ne veut pas dire que Shakira l’humanitaire va nous priver de Shakira, l’étoile mondiale de la musique qui a signé cette année un contrat qui oscille entre 70 et 100 millions de dollars avec les promoteurs de Live Nation (qui travaillent aussi avec Madonna, Barbara Streisand et Céline Dion entre autres divas). La chanteuse qui a vendu plus de 50 millions de disques dans le monde grâce à des succès comme « Donde Estan Los Ladrones ? », « La Tortura », et « Hips Don’t Lie » promet qu’un nouveau disque sortira en 2009. « J’ai écrit une trentaine de chansons et je ne veux toujours pas m’arrêter », dit en riant Shakira. « J’ai l’impression d’être une ouvrière dans ce que je fais, chaque jour je mets une brique au dessus de l’autre, sous le soleil et avec peine. Je n’ai pas changé cette façon de voir la vie depuis que j’ai commencé ».
Elle n’a pas non plus changé d’avis sur d’autres aspects de sa vie privée comme le fait de ne pas se marier avec son fiancé, l’avocat argentin Antonio de la Rua, avec qui elle célèbrera son neuvième anniversaire en mai 2009. « Je vis très heureuse en couple avec Antonio et je crois que c’est assez romantique de choisir librement la personne avec laquelle on est chaque jour », dit Shakira. « Etre sa fiancée éternelle est quelque chose que je trouve vraiment romantique. Pour le moment c’est comme ça que je vois ma relation, comme ça que je voudrais la maintenir et il est du même avis ». Il est indispensable dans sa vie, ajoute-t-elle, car il l’aide non seulement à diriger sa carrière du point de vue légal et financier, mais il partage aussi son engagement dans la fondation ALAS. « J’ai trouvé un homme merveilleux, un grand compagnon avec qui passer ma vie, assure-t-elle. « Il a apporté tellement de lumière et de joie dans ma vie, et tant de paix en même temps. Il me suffit d’appuyer ma tête contre son torse et je trouve la sérénité dont j’ai besoin, peu importe la tempête qui m’entoure ».
Et s’il n’y a pas de mariage en vue, pourquoi pas un petit Antonio ou une petite Shakira ? « Je me vois avoir des enfants avec Antonio dans le futur », assure-t-elle avec fermeté. « Je le vois comme le père de mes enfants. J’aimerais beaucoup réaliser ce projet après le lancement de ce nouveau disque, quand j’aurai fait une nouvelle tournée. Je crois que ça va être la prochaine étape. Ca ou adopter, selon les possibilités que nous avons en tant que couple ».
En attendant ce moment tant espéré, Shakira calmera ses désirs de maternité en étant la marraine des plus de 6 500 enfants qu’elle a aidés, nourris et éduqués dans son pays. « Je les considère comme mes fils adoptifs », dit-elle. Et en insistant sur le fait que les aider n’est pas un acte de charité mais une responsabilité, elle ajoute : « La charité pour moi c’est donner ce que tu as en trop et soulager momentanément ta conscience. Mais l’investissement social c’est croire que nos enfants sont le capital humain le plus important que nous avons, le futur de nos nations ».


Inclus "Hay Amores" & "La Despedida"
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